— Je ne m’en allais pas. Je voulais seulement fermer pour que la bonne n’entende pas… Je ne m’en irai plus maintenant… Dis ce que tu voudras… Je ne m’en irai plus…

Il y eut un silence. Mme Trossepotte était assise la tête dans ses mains.

— Pourquoi pleures-tu ? demanda enfin M. Trossepotte.

— Parce que je suis vieille, chuchota-t-elle.

Il lui mit gauchement la main sur les cheveux.

— Mais non… On a encore bien le temps…

Sa voix s’étrangla. Il s’assit près d’elle.

LE PÈRE MAY

— Alors, père Mathieu, vous v’là qui partez ?

Dans l’aube blême et pluvieuse, le père Mathieu regardait, avec une dernière hésitation, la masure où il avait si longtemps vécu. Il oubliait les années d’âpre misère pour s’attendrir au souvenir de longues paresses et de quelques ribottes, trop rares à son gré. Il tourna la tête et vit la vieille revendeuse, sa voisine, à qui, la veille, il avait cédé les ruines de meubles et les débris d’ustensiles domestiques qui constituaient ses biens terrestres.