[Note 204: Ibid., p. 594a, 304.]
[Note 205: LEIBNIZ, Théod., p. 594, 306-307; p. 517a, 49.]
[Note 206: Ibid., p. 594b, 307.]
[Note 207: Ibid., p.594a, 305.]
La liberté d'indifférence est donc impossible; elle se heurte de front au «grand principe de la raison déterminante». De plus, on peut dire qu'elle a quelque chose d'immoral, La moralité, en effet, enveloppe l'amour du bien. Or il n'y a rien de tel dans la liberté d'indifférence; vu qu'elle est essentiellement neutre, inaccessible par définition et au charme du bien et à celui du mal[208]. Et de là dérivent des conclusions graves, qui ébranlent jusqu'aux bases de la science de la vie. «Si la justice a été établie arbitrairement et sans aucun sujet, si Dieu y est tombé par une espèce de hazard, comme lorsqu'on tire au sort, sa bonté et sa sagesse n'y paraissent pas[209]»; ou, si elles y paraissent encore, c'est que Dieu, avant de créer le monde, «ne voyait rien de meilleur dans la vertu que dans le vice, et que ses idées ne lui montraient pas que la vertu fût plus digne de son amour que le vice». Et «cela ne laisse nulle distinction entre le droit naturel et le droit positif.
[Note 208: Ibid., p. 558a, 175.]
[Note 209: Ibid., p. 558a, 176.]
Il n'y aura plus rien d'immuable ou d'indispensable dans la morale[210]».
[Note 210: LEIBNIZ, Théod., p. 559b, 180.]
Il existe donc une sorte de rapport causal entre la liberté et ses motifs. Mais ce rapport ne ressemble pas à ce que l'on voit dans les phénomènes mécaniques: il présente un caractère à part qui lui vient de la nature spéciale de ses termes constitutifs. C'est une erreur de croire que les motifs et la volonté s'actionnent entre eux comme les rouages d'une poulie.