d) La théorie des perceptions imperceptibles, inspirée de Spinoza, mais totalement transformée;

e) Le concept de la contingence et celui de la nécessité morale, qui se complètent l'un l'autre;

f) L'idée des possibles, compris comme enveloppant une tendance essentielle à se réaliser eux-mêmes;

g) Son finalisme, qui est comme le dernier terme auquel aboutissent le mécanisme et le dynamisme;

h) Son optimisme, d'après lequel le mal est la condition sine qua non du meilleur des plans de l'univers.

Toutes ces idées ont influé sur le développement ultérieur de la philosophie; et quelques-unes d'entre elles ont exercé une action particulièrement profonde.

En faisant de la Monade un principe qui tire de ses virtualités la représentation de l'univers et de Dieu, et de la création elle-même un épanouissement des intelligibles plutôt qu'une production a nihilo; en attribuant au concours du Créateur tout ce qu'il y a d'actif et par là même de réel dans la créature, Leibniz a ouvert la porte aux théories monistes qui devaient apparaître plus tard en Allemagne et se propager dans le monde entier. De plus, sa théorie des possibles a été un premier pas vers le monisme hégélien, d'après lequel l'intelligible est le fond des choses et suffit par lui-même à se réaliser. Et c'est là une conception nouvelle dont la philosophie traditionnelle sortira sans nul doute, mais dont elle ne semble pas encore sortie. Son premier devoir est de s'en rendre compte, si elle tient à faire quelque impression sur ses adversaires[318]: «Vetera novis augere et perficere.»

[Note 318: Voir sur ce point: J. Lachelier, Du Fondement de
l'induction
, p. 62-63, 87, Alcan, Paris, 1898; M. Couailhac, la
Liberté et la Conservation de l'énergie
, p. 252-300, Lecoffre,
Paris, 1897.]

MONADOLOGIE

* * * * *