Moi aussi, je me suis trouvé malheureusement entraîné dans le tourbillon de ce grand bouleversement, mais je n’étais qu’un missionnaire prisonnier, dont l’existence ne fut pas prise en considération par les nouveaux maîtres du pays et qui fut bientôt oublié, tandis que Slatin Pacha, se trouvant directement mêlé aux événements en raison de la haute situation qu’il occupait, paraît le seul, parmi les vivants, qui peut apprécier d’une façon exacte, le mouvement mahdiste tant dans son développement que dans son importance actuelle.

Connaissant le pays et la population depuis de nombreuses années, ses relations pendant sa captivité avec le Mahdi et encore plus avec le calife Abdullahi furent telles qu’il se trouvait en contact continuel avec les personnes influentes de cette époque, ce qui lui permit de pouvoir suivre dans les plus petits détails la marche des événements.

Si donc, les opinions émises dans mon livre différent des siennes, ou si dans les faits racontés par moi, des erreurs se sont glissées, il est bien évident que celui qui a pris ses informations à la source même, mérite la préférence sur celui qui recevait ses nouvelles de deuxième et même de troisième main.

Pour toutes ses appréciations, je ne puis que m’incliner avec la plus grande tranquillité devant sa façon de voir.

Puissent les récits de Slatin Pacha rencontrer l’intérêt auquel ils ont droit! Puissent-ils aussi réveiller la sollicitude pour le malheureux Soudan et que, par conséquent, la régénération en soit facilitée! Puisse encore la délivrance de Slatin Pacha rencontrer la sympathie universelle, qui lui est due, c’est ce que désire de tout son cœur son compagnon de captivité pendant si longtemps et son ami sincèrement dévoué!

Souakim, Juin 1895.

P. Joseph Ohrwalder.


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