a. Revenus.

1.Les biens confisqués aux fumeurs, aux buveurs et aux joueurs.
2.Taxes des magasins et échoppes élevés sur le marché.

b. Dépenses.

1.Frais de représentation de Yacoub; réception de personnes étrangères.
2.Fourniture du gypse et de la chaux pour la construction des murailles d’Omm Derman.
3.Service de sûreté.

Bien que chacun de ces départements ait sa comptabilité propre et que certaines mesures de contrôle soient prises, les employés aux finances ont encore une marge suffisante pour que, trop souvent même, ils détournent les fonds en faveur de leur propre caisse.

Il est vrai que comme punition on séquestre alors toute leur fortune. Mais le pire est la taxation même; faute d’un système d’imposition, les gens sont laissés à la merci et à la cupidité des préposés au département des finances et leurs plaintes sont rarement prises en considération.

Déjà le Mahdi avait vivement désiré battre lui-même monnaie. Dans les premiers temps de la conquête du pays, le butin regorgeait d’argent et de quelque peu d’or. Ahmed woled Soliman, alors Amin Bet el Mal (chef des finances) commença à battre monnaie, des guinées d’or, par exemple, dont le cours était le même que celui de la livre égyptienne (environ fr. 25,92). Mais, ne comprenant rien à l’alliage, ces pièces d’or étaient de différentes valeurs, les unes étant presque en or pur, les autres contenant beaucoup trop d’argent. C’est pourquoi, l’or devenant rare du reste, on se borna à frapper des écus d’argent, pesant 7 darahim (pluriel de dirhem) dont 6 étaient d’argent pur. (Le dirhem égale 3.08 gr.)

Après la mort du Mahdi et la destitution d’Ahmed woled Soliman, Ibrahim woled Adlan fut promu chef des finances et, sous le règne du calife, frappa les premiers écus pesant 8 darahim. Leur titre, tout d’abord, était de 6 darahim; on le réduisit et on eut des écus de 5 darahim en argent, et d’autres de trois darahim en cuivre. Les marchands ayant refusé d’accepter cette petite monnaie, leurs marchandises furent séquestrées et leurs magasins fermés; on les menaça, s’ils persistaient dans leur façon d’agir, de confisquer définitivement leur fortune. Ils furent ainsi contraints de céder; on ne leur rendit leurs marchandises toutefois que lorsqu’ils se furent engagés, par écrit, auprès d’Ibrahim Adlan, à mettre en cours la nouvelle monnaie. Il arriva alors inévitablement que tous les articles de commerce furent renchéris, les marchands établissant leurs prix d’après la valeur effective de l’argent des nouveaux écus.

Nur el Gerefaoui, successeur d’Adlan, frappa des écus de 7 darahim; ceux de la première frappe contenaient 4½ darahim d’argent, ceux de la seconde seulement 3½: d’où, comme auparavant, les mêmes causes produisirent les mêmes effets.

Jusqu’à présent les chefs des finances battaient monnaie sous leur direction personnelle; le nouveau chef Nur el Gerefaoui eut l’idée de donner en bail le droit régalien de battre monnaie. Les deux fermiers, Soliman woled Abdallah et Abd el Megid ed Dongolaoui payèrent 6000 écus mensuellement à Nur el Gerefaoui. Le contrat passé devant le cadi avait pour clause stricte que le titre de l’écu devait être de 3½ darahim d’argent pur, naturellement, elle ne fut jamais observée.