«Nous sommes des Kababish, des monts du Ghilf, maître, et Dieu veuille que tu sois content de nous!»
«Quelle avance avons-nous sur nos ennemis? Quand pourra-t-on s’apercevoir de ton absence?» me demanda le plus âgé.
«On me cherchera après la prière du matin, répondis-je, jusqu’à ce qu’on soit persuadé de ma fuite et jusqu’à ce qu’on ait trouvé des gens et des chameaux pour les lancer à ma poursuite, il s’écoulera quelque temps; nous pouvons compter sur une avance de douze à quatorze heures.»
«Ce n’est pas beaucoup, reprit Hamed, mais si les animaux sont bons, nous parcourrons quand même une forte distance.»
«Ne connais-tu pas ces bêtes depuis longtemps? Ne sont-elles pas éprouvées?»
«Non; ce sont deux mâles de la race des Anafi et une femelle Bicharia, que tes amis ont achetés pour que tu puisses te sauver; espérons que tout ira pour le mieux!»
Nous prîmes une allure plus rapide. La steppe était unie, ça et là parsemée d’arbres et entrecoupée de petites collines pierreuses. Jusqu’à midi, aucun incident. Tout à coup, l’un des guides s’écria: «Halte! Faites rapidement agenouiller les chameaux! Vite, vite!»
Nous obéïmes.
«Qu’y a-t-il? demandai-je.»
«Je vois, au loin, des chameaux et des chevaux...., je crains qu’on ne nous ait aperçus.»