«Zeki, lui dis-je, Mohammed t’a-t-il donné le médicament?»
«Non; quel médicament?»
«Ce sont des pilules d’éther; elles chassent le sommeil et fortifient l’homme qui voyage.»
Il se prit à rire.
«Dormir? répliqua-t-il, sois tranquille, les soucis et l’angoisse ne laissent pas dormir et Dieu, dans sa bonté, nous rendra vaillants.»
Il avait raison.
Nous nous dirigeâmes vers le nord. Les touffes de hautes herbes dures et les bouquets de mimosas, ainsi que les épaisses ténèbres empêchaient les chameaux d’avancer rapidement.
Au lever du soleil, nous entrâmes dans une vallée large d’une lieue environ, nommée Wadi Bichara; pendant la saison des pluies, les Djaliin qui habitent les bords du Nil y cultivent le doura. Je pus enfin examiner mes guides: Zeki Bilal était encore jeune; Hamed ibn Houssein était dans la force de l’âge.
«De quelle tribu êtes-vous? leur demandai-je.»