CHAPITRE XIX.

Ma fuite.

Mes guides Zeki Bilal et Hamed ibn Houssein.—Un incident.—Les chameaux refusent d’avancer.—Caché dans les montagnes du Ghilf.—Arrivée de nouveaux chameaux.—Descente vers le Nil.—Nous traversons le fleuve.—Difficultés avec les nouveaux guides.—Hamed Garhosh.—Hors de danger.—Enfin à Assouan!—Arrivée au Caire.

C’était le 20 février 1895. Le soleil était couché depuis trois heures environ. Le calife s’était retiré dans ses appartements. Une heure se passa sans que je fusse dérangé; mon maître devait dormir.

Je me levai; je pris la farroua et la ferda sur mes épaules et m’acheminai, en traversant le lieu de prières, par les rues conduisant au nord d’Omm Derman. J’entendis soudain toussoter légèrement: c’était un signal de Mohammed. Je restai immobile. Il amena un âne bâté; je l’enfourchai..... et, en route!

La nuit était sombre. Le vent du nord obligeait les gens à se renfermer dans leurs huttes et dans leurs maisons. Nous ne rencontrâmes personne jusqu’à la sortie de la ville; là, un homme parut avec un chameau.

«C’est un de tes guides, me dit Mohammed; il se nomme Zeki Bilal, il te conduira rapidement dans la steppe où se trouvent cachés des coursiers sellés. Pars vite! Bon voyage! Que Dieu te protège!»

Zeki Bilal sauta en selle, je m’assis à califourchon. Après une heure de trot, nous rejoignîmes les chameaux cachés derrière de petits arbres. Le second guide nous attendait. Tout étant prêt, je montai l’animal qui m’était désigné.

Je me rappelai alors avoir remis à Mohammed les pilules d’éther.