«Ah! j’oubliais de te dire que tes amis se sont rendus avec moi à la station convenue à la lisière du désert afin que tout soit prêt; je leur ai donné rendez-vous pour vendredi ou samedi, au plus tard, après le coucher du soleil.»
«As-tu apporté du pain? Nous n’avons que des dattes pour toute nourriture.»
«Grand Dieu! dans ma précipitation, j’ai oublié d’en prendre.»
«N’importe! repris-je, même sans dattes nous terminerons la route.»
«Zeki, dit alors Hamed, selle l’autre chameau; va avec notre ami et notre frère jusqu’à la source et abreuve les bêtes! Tu m’attendras ensuite jusqu’à ce que je vienne avec mon chameau qui doit s’être suffisamment reposé. Quant à toi, ajouta-t-il en se tournant vers moi, reste caché dans le voisinage; on ne peut pas savoir, il y a beaucoup de gens qui ont soif dans le monde.»
Nous suivîmes son conseil.
Deux heures avant le coucher du soleil, mes compagnons revinrent avec les trois chameaux et les outres remplies. Nous nous mîmes en route.
A la tombée de la nuit, après avoir suivi la direction de l’est-nord-est, nous entrions dans la plaine.
Sans nous arrêter, nous avançâmes toute la nuit; le matin, d’après le calcul d’Hamed, nous devions avoir fait la moitié du chemin.
«Cette journée sera la plus périlleuse de notre voyage, me dit-il; nous approchons du fleuve et aurons à traverser les pâturages des riverains; que Dieu nous permette d’atteindre notre relais sans être aperçus!»