Mr. John Cook avait acheté cette épée en 1890, à l’occasion d’un voyage sur le Nil entrepris par un habitant de Louxor; l’inscription arabe avait attiré l’attention de mon ami le major Wingate bey qui la déchiffra et y reconnut mon nom. Je suppose que le Mahdi fit présent de mon épée à l’un de ses hommes qui, en 1889 prit part à l’invasion de l’Egypte, par Negoumi; quand ce redoutable émir fut défait par le général Sir Francis Grenfell, sur le champ de bataille de Toski, il est probable que le porteur de mon épée fut aussi tué, et que celle-ci fut ramassée sur le champ de bataille par un habitant des environs, duquel Mr. Cook l’avait acquise.

Avoir perdu dans les déserts du Darfour l’épée à laquelle je tenais beaucoup, la retrouver au cœur de Londres me semble être presque plus qu’un simple hasard.

Pendant ces 16 dernières années, j’ai mené une vie pleine d’étranges vicissitudes; j’ai cherché à décrire aussi simplement que possible ce que j’ai vu, la façon dont j’ai vécu, incidents extraordinaires parfois.

J’espère que mon récit trouvera quelque intérêt auprès de ceux qui témoignent de la sympathie au sort du Soudan égyptien et à ses captifs; mon plus sincère désir est que mon expérience soit de quelque utilité quand, si Dieu le veut, le temps pour agir sera venu.

FIN.

CARTE INDIQUANT L’EXTENSION DE L’INFLUENCE MAHDISTE EN 1895.

Slatin Pacha.