—Oui.
—Par Jupiter! Que je suis aise de vous voir!»
Et il me serre de nouveau les mains avec effusion, en me souriant affectueusement.
«D'où arrivez-vous? me demande-t-il.
—J'ai quitté le Fram par le 84° de Lat. N., après une dérive de deux ans, et ai atteint ensuite le 86°13′. De là, nous avons gagné la terre François-Joseph où nous avons hiverné; maintenant nous sommes en route pour le Spitzberg.
—Je suis heureux de votre succès. Vous avez, certes, accompli un magnifique voyage et je suis enchanté d'être le premier à vous en féliciter.»
En même temps Jackson me prend de nouveau les mains et les presse chaleureusement. Je ne puis être accueilli plus cordialement. Dans la chaleur de cette poignée de main, je sens plus qu'une simple forme de politesse. Aussitôt, avec la plus parfaite affabilité, mon interlocuteur m'offre l'hospitalité dans sa station et m'annonce que d'un jour à l'autre il attend l'arrivée du navire chargé de ravitailler son expédition.
Dès que je puis parler, je demande à Jackson des nouvelles des miens. Lors de son départ, deux ans auparavant, ma femme et ma fille étaient en parfaite santé. Je m'enquis ensuite de la Norvège et de la situation politique. De ce sujet il ne savait rien. J'en conclus que tout allait bien de ce côté.
Immédiatement Jackson me propose d'aller rechercher Johansen et les bagages. «Sur cette glace accidentée le halage des kayaks sera très pénible à nous trois. Si donc vous avez des hommes disponibles en nombre suffisant, lui répondis-je, il est préférable de les charger de cette besogne.» En attendant, pour avertir Johansen, nous tirons chacun deux coups de fusil.