| Date. | Latitude. | Longitude. | Direction du vent. | |
|---|---|---|---|---|
| 22 | juin | 84°32′ | 80°58′ | N. |
| 27 | id. | 84°44′ | 79°35′ | Nord par l'E. |
| 29 | id. | 84°33′ | 79°50′ | E.-N.-E. |
| 5 | juillet | 84°48′ | 75° 3′ | S.-E. |
| 7 | id. | 84°48′ | 74° 7′ | O.-S.-O. |
| 12 | id. | 84°41′ | 76°20′ | O.-S.-O. |
| 22 | id. | 84°36′ | 72°56′ | N.-N.-O. |
| 27 | id. | 84°29′ | 73°49′ | S.-O. par le S. |
| 31 | id. | 84°27′ | 76°10′ | S.-O. |
| 8 | août | 84°38′ | 77°36′ | N.-O. |
| 22 | id. | 84° 9′ | 78°47′ | S.-O. |
| 25 | id. | 84°17′ | 79° 2′ | E. par le N. |
| 2 | septembre | 84°47′ | 77°17′ | S.-E. |
| 6 | id. | 84°43′ | 79°52′ | S.-O. |
Toutes les dispositions avaient été prises pour une retraite éventuelle. Nous possédions maintenant huit traîneaux à main, deux à chiens, cinq kayaks pour deux hommes et un pour moi; nous avions donc tous les moyens de locomotion nécessaires pour traverser la banquise en cas de perte du navire. Afin de compléter les préparatifs, je fis disposer sur le pont deux dépôts contenant, l'un soixante-dix jours de vivres, l'autre des approvisionnements pour six mois.
Dans l'après-midi du 17 août, une pression très violente se produisit, et lentement souleva le Fram, comme un fétu de paille à une hauteur de 5m,50 à l'arrière et de 3m,55 à l'avant. Le lendemain, une détente de glace ramena le navire à flot. Le 21, nouvelle pression. Dès que la banquise donnait des signes d'agitation, nous essayions de déplacer le navire pour le soustraire aux attaques de la glace. A cette époque, les tempêtes de sud étaient fréquentes, et souvent, en dépit de nos efforts, nous ne réussissions pas à faire bouger le Fram d'une ligne. Le 22 août, nous étions parvenus cependant à haler le bâtiment près d'un glaçon capable de résister aux collisions, lorsqu'une détente de la banquise amena autour de nous une flottille de blocs dont le voisinage pouvait devenir dangereux. Jusqu'au 2 septembre, une brise très fraîche, accompagnée de grains violents, nous obligea à rester dans cette position. Cette bourrasque passée, après deux jours de travail acharné, nous parvînmes à faire avancer le navire dans une sorte de dock creusé dans l'épaisseur d'un gros bloc, formant un excellent havre d'hivernage.
Pendant la première moitié de septembre, le temps fut très variable. Durant cette période, les vents d'ouest et de sud-ouest prédominèrent, amenant de fréquentes chutes de pluie et de neige et déterminant des mouvements dans la glace. Le 15 septembre, à la suite d'une détente de la banquise une petite mer se forma entre le navire et le grand hummock. Les jours suivants, l'agitation de la glace nous obligea à rentrer à bord les dépôts et les installations établis au dehors.
En octobre également, la banquise fut presque constamment en mouvement. A chaque instant s'ouvraient des fissures, tantôt dans une direction, tantôt dans une autre, et très fréquemment de violentes pressions se produisaient. Heureusement nous nous trouvions dans un excellent mouillage. Les deux caps qui formaient saillie de chaque côté de la baie brisaient les efforts des assauts, tandis que la «jeune glace» située à l'ouverture du dock ne pouvait exercer une pression dangereuse. L'attaque la plus violente survint le 26 octobre, mais sans grand effet. Le Fram avait éprouvé des chocs autrement terribles.
A partir du 1er novembre, nous entrâmes dans une période de calme. Les pressions cessèrent presque complètement, la température s'abaissa, les vents d'est devinrent dominants, et tout le restant de l'hiver nous continuâmes paisiblement notre route vers le nord et l'ouest.
LE NETTOYAGE DE L'ACCUMULATEUR
Pendant l'automne, la dérive avait mis notre patience à une rude épreuve. Par suite de la prédominance des vents d'ouest, nous étions sans cesse rejetés dans l'est. En vain chaque jour nous espérions un changement de brise, jamais il ne se produisait. Fort heureusement le recul était très lent, et un jour ou deux de bon vent nous ferait regagner promptement la distance perdue.
Le 22 septembre, le deuxième anniversaire de notre entrée dans la banquise fut célébré par une petite fête. Les résultats de la dérive pendant cette seconde année étaient excellents. Dans les douze derniers mois, nous avions parcouru une distance presque double du parcours effectué durant les douze premiers. Si le mouvement de translation se poursuit avec la même vitesse, très certainement nous serons délivrés l'an prochain à pareille époque.