En mars et au commencement d'avril, j'ai observé la plus basse température. A une profondeur de 1m,20 et de 0m,80, elle était respectivement de −16° et de −20°. A partir des premiers jours d'avril se manifesta une hausse très lente.

Par les grands froids, la glace est dure et cassante; les chocs la rompent donc facilement. En été, elle est, au contraire, molle et plastique, et, par suite, ne peut être aussi aisément brisée. Cette modification dans l'état de la banquise se manifeste d'une façon très particulière. En été, la glace, étant très plastique, peut être entassée et comprimée sans le moindre bruit, tandis qu'en hiver ce phénomène est accompagné de craquements formidables. En juin et juillet, des pressions purent survenir tout près de nous sans que le moindre bruit nous en avertît.

LE HALAGE DE LA LIGNE DE SONDE

LA LECTURE DU THERMOMÈTRE PLONGEUR

Pendant l'été, nous poursuivîmes nos études scientifiques. Durant l'hiver, nous avions fait une ligne de 4 à 5,000 mètres; avec cet engin nous réussîmes à atteindre le fond de l'océan sur lequel nous dérivions. La profondeur variait de 3,300 à 3,900 mètres: une intéressante découverte qui renversait toutes les idées reçues sur la nature du bassin polaire.

Profondeurs en Mètres.

En outre de ces sondages, nous fîmes des observations de température de la mer à différentes profondeurs. Ces séries thermométriques révèlent toutes les mêmes oscillations; d'un mois à l'autre les variations de température des différentes couches ne dépassaient pas quelques centièmes de degré. A titre d'exemple, voici les résultats d'un sondage thermométrique exécuté du 13 au 17 août, traduits dans la courbe ci-dessus.