De suite, après avoir fait passer les traîneaux, nous campons pour dégager Johansen de la croûte de glace qui l'enveloppe, et pour le réchauffer.

Chaque matin, les préparatifs du départ entraînent un long et pénible labeur. Parfois, sept heures nous sont nécessaires pour abattre la tente, faire le paquetage, charger les véhicules et réparer les avaries. Le contenu d'une boîte a été consommé, et on doit la remplacer par une autre charge; puis, je m'aperçois qu'un sac a été percé, et il faut le réparer. Après cela, on procède à l'arrimage, une besogne particulièrement difficile. Une fois les véhicules prêts, reste maintenant à débrouiller les traits, que les chiens ont entortillés en écheveaux inextricables.

EN MARCHE A TRAVERS LA TOURMENTE

2 avril.—Tourmente de sud. Le terrain devient de plus en plus mauvais; la traversée de nouvelles chaînes d'hummocks exige des efforts désespérés. Entre les blocs, la couche de neige est trop mince pour que nous puissions faire usage des ski, aussi, à chaque instant, culbutons-nous dans des trous.

LE CAMP DANS LA MATINÉE DU 15 MARS, AVANT LE DÉPART DE NOS CAMARADES

Sous ce ciel couvert, impossible de distinguer une dépression d'une protubérance; tout est uniformément et désespérément blanc. Pour essayer de trouver un meilleur terrain, chacun de nous part en reconnaissance de son côté. Dans toutes les directions, la route n'est pas meilleure. A midi, −31°,5.

3 avril.—Départ hier, à trois heures de l'après-midi. Le temps est beau, la glace relativement unie; aussi, au début, notre marche est-elle rapide.