Là se trouvent des hommes qui ont le coup d'oeil du génie, qui font danser autour de toi des heures joyeuses, qui possèdent la baguette des fées, qui savent trouver de l'or pur et des pensées nouvelles.
Jusqu'où n'as-tu pas étendu tes rejetons nombreux? Tantôt dans les pays où coule le Rhône, tantôt aux bords de la Tamise, et partout on les a vus croître, partout s'entourer d'autres rejetons.
Et cependant ils sont sortis de toi: tu leur as envoyé des guerriers; tes armes leur ont porté un glorieux appel, et tel a été le monument de ta victoire: Les Gaulois s'appellent Francs et les Bretons Anglais!
Tes triomphes ont encore brillé d'un plus grand éclat: l'orgueilleuse Rome avait puisé la soif des combats dans le sein d'une Louve, sa mère; depuis longtemps sa tyrannie pesait sur le monde; mais tu la renversas, ô ma patrie, la grande Rome!… tu la renversas dans son sang!
Jamais aucun pays n'a été juste comme toi envers le mérite étranger… Ne sois pas trop juste envers eux, ô ma patrie! ils ne sont pas capables de comprendre ce qu'il y a de grandeur dans un tel excès.
Tes moeurs sont simples et vertueuses; ton esprit est sage et profond; ta parole est puissante et ton glaive est tranchant. Cependant tu le remets volontiers dans le fourreau; et, sois-en bénie, il ne dégoutte pas du sang des malheureux.
Mais la discrétion me fait encore signe avec son bras d'airain: je me tais jusqu'à ce qu'elle me permette de chanter de nouveau. Je vais donc me recueillir en moi-même, et méditer la grande, la terrible pensée d'être digne de toi, ô ma patrie!
LES CONSTELLATIONS
Tout chante ses louanges, les champs, les forêts, la vallée et les montagnes: le rivage en retentit; la mer tonne sourdement le nom de l'éternel, et l'hymne reconnaissant de la nature peut à peine monter jusqu'à lui.
Et sans cesse elle chante celui qui l'a créée, et du ciel à la terre, partout sa voix résonne: parmi l'obscurité des nuages le compagnon de l'éclair glorifie le Seigneur sur la cime des arbres et sur la crête des montagnes.