[4] Plutarque, Dion, 37, 48.

[5] Polybe, XV, 21.

[6] Polybe, VII, 10.

[7] Aristote, Politique, VIII, 7, 10 (V, 7). Plutarque, Lysandre, 19.

[8] Héraclide de Pont, dans Athénée, XII, 26. — Il est assez d'usage d'accuser la démocratie athénienne d'avoir donné à la Grèce l'exemple de ces excès et de ces bouleversements. Athènes est, au contraire, la seule cité grecque à nous connue qui n'ait pas vu dans ses murs cette guerre atroce entre les riches et les pauvres. Ce peuple intelligent et sage avait compris, dès le jour où la série des révolutions avait commencé, que l'on marchait vers un terme où il n'y aurait que le travail qui put sauver la société. Elle l'avait donc encouragé et rendu honorable. Solon avait prescrit que tout homme qui n'aurait pas un travail fût privé des droits politiques. Périclès avait voulu qu'aucun esclave ne mît la main à la construction des grands monuments qu'il élevait, et il avait réservé tout ce travail aux hommes libres. La propriété était d'ailleurs tellement divisée qu'un recensement, qui fut fait à la fin du cinquième siècle, montra qu'il y avait dans la petite Attique plus de 10,000 propriétaires. Aussi Athènes, vivant sous un régime économique un peu meilleur que celui des autres cités, fut-elle moins violemment agitée que le reste de la Grèce; les querelles des riches et des pauvres y furent plus calmes et n'aboutirent pas aux mêmes désordres.

[9] Aristote, Politique, V, 8; VIII, 4, 5; V, 4.

CHAPITRE XIII.

RÉVOLUTIONS DE SPARTE.

Il ne faut pas croire que Sparte ait vécu dix siècles sans voir de révolutions. Thucydide nous dit, au contraire, « qu'elle fut travaillée par les dissensions plus qu'aucune autre cité grecque ». [1] L'histoire de ces querelles intérieures nous est, à la vérité, peu connue; mais cela vient de ce que le gouvernement de Sparte avait pour règle et pour habitude de s'entourer du plus profond mystère. [2] La plupart des luttes qui l'agitèrent, ont été cachées et mises en oubli; nous en savons du moins assez pour pouvoir dire que, si l'histoire de Sparte diffère sensiblement de celle des autres villes, elle n'en a pas moins traversé la même série de révolutions.

Les Doriens étaient déjà formés en corps, de peuple lorsqu'ils envahirent le Péloponèse. Quelle cause les avait fait sortir de leur pays? Était-ce l'invasion d'un peuple étranger, était-ce une révolution intérieure? on l'ignore. Ce qui paraît certain, c'est qu'à ce moment de l'existence du peuple dorien, l'ancien régime de la gens avait déjà disparu. On ne distingue plus chez lui cette antique organisation de la famille; on ne trouve plus de traces du régime patriarcal, plus de vestiges de noblesse religieuse ni de clientèle héréditaire; on ne voit que des guerriers égaux sous un roi. Il est donc probable qu'une première révolution sociale s'était déjà accomplie, soit dans la Doride, soit sur la route qui conduisit ce peuple jusqu'à Sparte. Si l'on compare la société dorienne du neuvième siècle avec la société ionienne de la même époque, on s'aperçoit que la première était beaucoup plus avancée que l'autre dans la série des changements. La race ionienne est entrée plus tard dans la route des révolutions; il est vrai qu'elle l'a parcourue plus vite.