Pour ce qui est de Rome, nous n'y trouvons aucune loi qui se rapporte au droit d'aînesse. Mais il ne faut pas conclure de là qu'il ait été inconnu dans l'antique Italie. Il a pu disparaître et le souvenir même s'en effacer. Ce qui permet de croire qu'au delà des temps à nous connus il avait été en vigueur, c'est que l'existence de la gens romaine et sabine ne s'expliquerait pas sans lui. Comment une famille aurait-elle pu arriver à contenir plusieurs milliers de personnes libres, comme la famille Claudia, ou plusieurs centaines de combattants, tous patriciens, comme la famille Fabia, si le droit d'aînesse n'en eût maintenu l'unité pendant une longue suite de générations et ne l'eût accrue de siècle en siècle en l'empêchant de se démembrer? Ce vieux droit d'aînesse se prouve par ses conséquences et, pour ainsi dire, par ses oeuvres. [33]
NOTES
[1] Cicéron, De legib., II, 19, 20. Festus, v° Everriator.
[2] Isée, VI, 51. Platon appelle l'héritier [Grec: diadochos theon], Lois, V, 740.
[3] Lois de Manou, IX, 186.
[4] Digeste, liv. XXXVIII, tit. 16, 14.
[5] Institutes, III, 1, 3; III, 9, 7; III, 19, 2.
[6] Démosthènes, in Boeotumin Mantith., 10.
[7] Institutes, II, 9, 2.
[8] Institutes, III, 4, 46; III, 2, 3.