Et Foma se dirigea vers la porte. Poussant un cri aigu, la générale se précipita vers lui.

— Non, Foma! je ne te laisserai pas partir ainsi! s'écria mon oncle et, le rejoignant, il le prit par la main.

— Vous voulez donc employer la force? demanda l'autre avec arrogance.

— Oui, Foma, s'il le faut, j'emploierai la force! répondit mon oncle tremblant d'émotion. Tu en as trop dit: il faut t'expliquer. Tu as mal compris ma lettre, Foma!

— Votre lettre? hurla Foma en s'enflammant instantanément, comme s'il n'eût attendu que ces paroles pour faire explosion. — Votre lettre! La voici, votre lettre! la voici! Je la déchire, cette lettre! Je la piétine, votre lettre! et, ce faisant, j'accomplis le plus sacré devoir de l'humanité! Voilà ce que je fais, puisque vous me contraignez à des explications. Voyez! voyez! voyez!

Et les fragments de la lettre s'éparpillèrent dans la chambre.

— Foma, criait mon oncle en pâlissant de plus en plus, je te répète que tu ne m'as pas compris. Je veux me marier, je cherche mon bonheur…

— Vous marier! Vous avez séduit cette demoiselle et vous mentez en parlant de mariage, car je vous ai vu hier soir sous les buissons du jardin!

La générale fit un cri, et s'affaissa dans son fauteuil. Un tumulte effrayant s'ensuivit. L'infortunée Nastenka restait immobile sur son siège, comme morte. Sachenka, effrayée et qu'on eut dite en proie à un accès de fièvre, tremblait de tous ses membres en serrant Ilucha dans ses bras.

— Foma, criait furieusement mon oncle, si tu as le malheur de divulguer ce secret, tu commettras la plus basse action du monde!