En entrant, M. Kiriloff alluma une bougie; sa malle, qu'il n'avait pas encore défaite, était dans un coin; il y alla prendre un bâton de cire à cacheter, une enveloppe et un cachet en cristal.
— Cachetez votre lettre et mettez l'adresse.
Je répliquai que ce n'était pas nécessaire, mais il insista. Après avoir écrit l'adresse sur l'enveloppe, je pris ma casquette.
— Mais je pensais que vous prendriez du thé, dit-il, — j'ai acheté du thé, en voulez-vous?
Je ne refusai pas. La femme ne tarda point à arriver, apportant une énorme théière pleine d'eau chaude, une petite pleine de thé, deux grandes tasses de grès grossièrement peinturlurées, du pain blanc et une assiette couverte de morceaux de sucre.
— J'aime le thé, dit M. Kiriloff, — j'en bois la nuit en me promenant jusqu'à l'aurore. À l'étranger, il n'est pas facile d'avoir du thé la nuit.
— Vous vous couchez à l'aurore?
— Toujours, depuis longtemps. Je mange peu, c'est toujours du thé que je prends. Lipoutine est rusé, mais impatient.
Je remarquai avec surprise qu'il avait envie de causer; je résolus de profiter de l'occasion.
— Il s'est produit tantôt de fâcheux malentendus, observai-je.