J'enrageai de voir qu'il me regardait de haut en bas. Le plus affreux, c'est que Louisa contemplait cette scène. Je bus, et je lui dis:
—Or çà, l'Allemand, qu'as-tu donc à me dire des grossièretés?
Faisons connaissance, je suis venu chez toi en bon ami.
—Je ne puis être votre ami, vous êtes un simple soldat.
Alors je m'emportai.
—Ah! mannequin! marchand de saucisses! Sais-tu que je puis faire de toi ce qui me plaira? Tiens, veux-tu que je te casse la tête avec ce pistolet?
Je tire mon pistolet, je me lève et je lui applique le canon à bout portant contre le front. Les femmes étaient plus mortes que vives; elles avaient peur de souffler; le vieux tremblait comme une feuille, tout blême.
L'Allemand s'étonna, mais il revint vite à lui.
—Je n'ai pas peur de vous et je vous prie, en homme bien élevé, de cesser immédiatement cette plaisanterie; je n'ai pas peur de vous du tout.
—Oh! tu mens, tu as peur! Voyez-le! Il n'ose pas remuer la tête de dessous le pistolet.
—Non, dit-il, vous n'oserez pas faire cela.