Saint Bernard, né près de Dijon en 1091, mort en 1153. Il prêcha en 1146 la seconde croisade, qui devait échouer.

I. Parlons d'abord d'une des gloires de l'Église de France, saint Bernard. Il naquit près de Dijon, d'une famille noble, au onzième siècle. Dès l'âge de vingt-deux ans, son ardente piété lui fit embrasser la vie monastique. Il fut l'homme le plus éloquent de son époque.

C'est lui qui prêcha la seconde croisade pour délivrer Jérusalem: lui-même raconte dans ses lettres qu'il entraînait tout le peuple derrière lui et changeait en déserts les villes et les châteaux. En Allemagne, où l'on n'entendait point sa langue et où l'on ne pouvait comprendre ce qu'il disait, les populations étaient cependant émues et persuadées par son accent et par ses gestes. Comme on voulait massacrer les juifs pour se préparer à l'expédition, saint Bernard empêcha cet odieux massacre. Il mourut en 1153.

Bossuet, né à Dijon en 1627, mort à Paris en 1704. Ses principaux ouvrages sont le Discours sur l'histoire universelle et les Oraisons funèbres.

II. Cinq siècles après, la Bourgogne devait encore produire un grand prélat, qu'on a comparé plus d'une fois à saint Bernard pour son éloquence et ses travaux. Bossuet, né à Dijon, se fit d'abord remarquer de tous ses camarades de classe par son assiduité et son ardeur au travail. Les autres écoliers disaient en parlant de lui, qu'il travaillait avec le courage et le calme du bœuf à la charrue. Dès l'âge de seize ans, Bossuet est célèbre dans tout Paris par son éloquence. Il devint évêque de Condom, puis de Meaux, et précepteur du fils du roi. Sa vie fut remplie par des travaux de toute sorte.

Vauban, né en 1632, près de Saulnier (Yonne), mort en 1707.

III. Au même siècle que Bossuet, dans la Bourgogne, naquit le jeune Vauban. Dès l'âge de dix-sept ans il s'engagea comme soldat, et se fit tout de suite remarquer par son courage. Un jour, au siège d'une petite ville dont les murs étaient entourés par une rivière, il se jeta à la nage et, montant sur les remparts, entra le premier dans la place.

Cependant, si Vauban n'avait été que brave, son nom eût pu être oublié dans un pays où la bravoure est si peu rare; mais Vauban était studieux, et tous les loisirs que lui laissait le métier de soldat, il les consacrait à l'étude. Il s'occupait des sciences; il lisait au milieu des camps des livres de géométrie. Il obtint le grade d'ingénieur, et ce fut comme ingénieur qu'il montra son génie. Le roi Louis XIV le chargea de fortifier nos principales places de guerre. Toute la ceinture de places fortes qui défend la France est son œuvre: Dunkerque, Lille, Metz, Strasbourg, Phalsbourg, Besançon et plus de trois cents autres.