Quand on fut en route, tandis que Pierrot gravissait pas à pas le chemin montant, Julien dit à M. Gertal:

—Avez-vous vu, monsieur, les jolies assiettes ornées de dessins et de fleurs dans lesquelles on nous a servi le dessert à Thiers? Moi, j'ai regardé par derrière, et j'ai vu qu'il y avait dessus: Limoges. Je pense que cela veut dire qu'on les a faites à Limoges. Limoges n'est donc pas loin d'ici?

—Ce n'est pas très près, répondit M. Gertal. Cependant le Limousin touche à l'Auvergne. C'est un pays du même genre, un peu moins montagneux et beaucoup plus humide.

—Je vois, reprit Julien, que dans ce pays-là on fabrique beaucoup d'assiettes, puisqu'il y en a jusque par ici.

—Oh! petit Julien, il y en a par toute la France, des porcelaines et des faïences de Limoges. Non loin de cette dernière ville, à Saint-Yrieix, on a découvert une terre fine et blanche: c'est cette terre que les ouvriers pétrissent et façonnent sur des tours pour en faire de la porcelaine. Il y a à Limoges une des plus grandes manufactures de porcelaine de la France. Limoges est du reste une ville peuplée, commerçante et très industrieuse.

Dupuytren, un des plus grands chirurgiens du dix-neuvième siècle, est né à Pierre-Buffières (Haute-Vienne), en 1777; il est mort en 1835.

André était à côté de Julien.

—Eh bien, lui dit-il, puisque nous parlons de Limoges et du Limousin, où nous ne devons point passer, cherche dans ton livre: il y a sans doute des grands hommes nés dans cette province. Tu nous feras la lecture, et ce sera pour nous comme un petit voyage en imagination.

Julien s'empressa de prendre son livre et lut la vie de Dupuytren.