—Oh! mon Dieu, mon Dieu, dit Julien, que de navires! Il y en a de toutes les grandeurs.
—Et ils viennent de tous les pays, dit André. Regarde celui-ci, qui est un des plus beaux du port en ce moment; c'est celui que nous allons voir. C'est le Sindh, qui fait la traversée de la Chine en France: il est arrivé ici avant-hier.
André, tenant Julien avec précaution, descendit dans une barque, et le batelier les conduisit en ramant auprès du grand navire, peint en noir et orné de dorures, qui s'élevait bien au-dessus d'eux comme un édifice porté par l'eau.
Pont supérieur d'un paquebot a vapeur.—A droite, se trouve la roue à l'aide de laquelle on manie le gouvernail. Près de là, on voit les cabines du capitaine et des officiers. A gauche, sont les cages des animaux. Les passagers logent au-dessous, à l'étage plus bas: les petits trous que l'on voit le long du vaisseau sont les fenêtres de leurs cabines.
Ils montèrent avec précaution l'escalier mobile qui est attaché au flanc du bâtiment, et bientôt tous les deux se trouvèrent sur le pont, c'est-à-dire sur le plancher supérieur; car les grands vaisseaux sont comme des maisons flottantes à plusieurs étages, et chacun de ces étages s'appelle un pont.
Le marin auquel André avait parlé à l'avance les attendait. Il leur fit faire tout le tour de la vaste plate-forme. Il leur montra à un des bouts le grand tourniquet avec lequel on manœuvre le gouvernail; la cabine du capitaine était près de là, mais il était défendu d'y entrer sans permission. De chaque côté du navire étaient suspendus en l'air des chaloupes et canots, que l'on peut faire glisser dans la mer, et qui servent aux marins à quitter ou à regagner le navire.
—Voyez ces petites embarcations, dit le matelot; si par malheur le paquebot venait à être incendié ou à sombrer en pleine mer, c'est dans ces chaloupes ou ces canots que nous nous réfugierions, marins et passagers.
Race blanche. Race rouge. Race jaune. Race Noire.