Les quatre races d'hommes.—La race blanche, la plus parfaite des races humaines, habite surtout l'Europe, l'ouest de l'Asie, le nord de l'Afrique, et l'Amérique. Elle se reconnaît à sa tête ovale, à une bouche peu fendue, à des lèvres peu épaisses. D'ailleurs son teint peut varier.—La race jaune occupe principalement l'Asie orientale, la Chine et le Japon: visage plat, pommettes saillantes, nez aplati, paupières bridées, yeux en amandes, peu de cheveux et peu de barbe.—La race rouge, qui habitait autrefois toute l'Amérique, a une peau rougeâtre, les yeux enfoncés, le nez long et arqué, le front très fuyant.—La race noire, qui occupe surtout l'Afrique et le sud de l'Océanie, a la peau très noire, les cheveux crépus, le nez écrasé, les lèvres épaisses, les bras très longs.
—Sont-elles petites, dit Julien, en comparaison du grand navire! on dirait des coques de noix.
—Dieu merci, de tels accidents sont rares, dit le marin. Le vaisseau est solide; il est presque tout en fer.
Pendant ce temps, des matelots chargés du service des cuisines ou du transport des marchandises allaient et venaient autour des enfants. Il y en avait de tous les pays et presque de toutes les races d'hommes, les uns jaunes, les autres noirs. A quelques pas, un jeune Chinois au teint olive, la tête ornée d'une longue queue, les pieds nus dans des sandales pointues, pompait de l'eau.—Quoi! dit Julien, il y a une pompe ici comme dans une cour.
—Certes oui, dit le marin: nous avons dans le fond du navire un réservoir d'eau douce: comment ferions-nous sans eau bonne à boire pendant une traversée qui dure trois mois?... Voulez-vous voir à présent notre étable?
—Votre étable! répondit Julien avec étonnement.
Cabines de passagers a bord d'un navire.—Les cabines des passagers sont si basses d'étage, qu'on touche presque le plafond de la tête; ordinairement on met plusieurs lits l'un sur l'autre pour ménager mieux la place. Les petites fenêtres sont protégées par des serrures solides, afin qu'on puisse les fermer hermétiquement pendant les tempêtes, car sans cette précaution les vagues jailliraient dans les cabines.
—Mais oui, dit le marin, en montrant des espèces de grandes cages d'une propreté exquise, dans lesquelles il y avait une vache, des veaux et des moutons. Voici un agneau qui est à bord du navire; c'est le favori du capitaine: on le laisse de temps en temps se promener en liberté sur le pont. A côté, voilà les poules qui nous donnent de bons œufs frais pour les malades.
Julien n'en pouvait croire ses yeux. Ce qui le surprenait le plus, c'était l'ordre admirable et la propreté qui régnaient à bord.