—As-tu encore des entorses par là? dit-il.
—Non, non, patron, dit Julien en riant.
—Alors, viens m'embrasser.
Et il souleva l'enfant comme une plume, l'enleva en l'air jusqu'à la hauteur de sa grosse barbe, et posant un baiser retentissant sur chacune de ses joues:
—Voilà! nous sommes une paire d'amis à présent.
Les bateliers regardaient leur patron avec surprise, et pendant que, délicatement, il remettait le petit garçon entre les deux sacs qui lui servaient de fauteuil, André les entendit dire:—Ce bambin ne sera pas trop malheureux ici.
Julien tout réconforté souriait de plaisir dans son coin, et André s'applaudissait de voir combien la douceur et la bonne volonté avaient vite triomphé des mauvaises dispositions et des manières brusques du patron.
LXXXIII.—André et Julien aperçoivent les Pyrénées.—Le cirque de Gavarnie et le Gave de Pau.
Les montagnes, avec leurs neiges et leurs glaciers, sont comme de grands réservoirs d'où s'écoule peu à peu l'eau qui arrose et fertilise nos plaines.