Duguesclin put donc recommencer à combattre pour son pays. Il chassa successivement les Anglais de toutes les villes qu'ils occupaient en France, sauf quatre.

Duguesclin était déjà vieux et il combattait encore; il assiégea la forteresse de Châteauneuf-de-Randon, située dans les montagnes des Cévennes. Le gouverneur de la ville promit de se rendre. Mais Duguesclin mourut sur ces entrefaites; la ville se rendit néanmoins au jour fixé, et on apporta les clefs des portes sur le tombeau de Duguesclin, comme un dernier hommage rendu à la mémoire du généreux guerrier.

—Julien, dit l'oncle Frantz, tu as très bien lu cette histoire. Mais je veux à présent que tu nous dises, à Guillaume et à moi, ce que tu en penses.

—Mon oncle, je pense que ce Duguesclin était un bien parfait honnête homme.

—Cela, dit l'oncle Frantz, ce n'est pas difficile à trouver, Julien; mais voyons, explique-nous pourquoi. Lire n'est rien, comprendre ce qu'on lit est tout.

Julien réfléchit, et après un petit moment qu'il employa à mettre ses idées en ordre, il répondit:

—D'abord, mon oncle, Duguesclin était très brave et aimait beaucoup sa patrie; ensuite il était plein de compassion pour les autres, puisqu'il songeait plus à ses compagnons qu'à lui-même; et enfin, ajouta le petit Julien en regardant son ami Guillaume, il savait si bien tenir sa parole qu'il revint de lui-même se remettre prisonnier, après avoir dépensé sa rançon pour la liberté de ses camarades.

—Allons, Julien, dit l'oncle Frantz, tu lis avec profit, mon enfant, puisque tu comprends bien tes lectures. Tâche de ne pas les oublier à présent. Car rien n'encourage mieux à devenir un honnête homme que de se souvenir des belles actions de ceux qui ont vécu avant nous.

XCIV.—Les grands hommes du Maine, de l'Anjou et de la Touraine. Le chirurgien Ambroise Paré. Le sculpteur David. Le savant philosophe Descartes.

«Plus on avance dans la science, plus on s'aperçoit combien on ignore encore de choses, et plus on devient modeste.» Descartes.