Quand la peste éclata à Paris, le roi quitta la ville, mais Ambroise Paré, quoiqu'il fût médecin du roi, refusa de l'accompagner et voulut rester à Paris pour soigner les malades. Il s'exposa à tous les dangers et parvint ainsi à sauver bien des malheureux en risquant lui-même sa vie.
Les soldats l'appelaient leur bon père. Un jour, dans une campagne, il fut fait prisonnier par les Espagnols. On ne l'avait point reconnu, mêlé à la foule des prisonniers; mais un de ses compagnons vient à tomber malade: il le soigne, il le sauve. On le reconnaît aussitôt et on lui rend la liberté.
Ce grand homme avait une modestie égale à son génie. Un jour, on le félicitait d'une guérison merveilleuse qu'il venait d'accomplir. Il fit cette simple réponse, qui est devenue célèbre:
—Je l'ai pansé, Dieu l'a guéri.
Ardoisiers d'Angers.—Quand les ardoises ont été arrachées de la carrière par gros blocs, on les fend au moyen de coins et de pics; on obtient ainsi des feuilles de plus en plus minces. De nos jours, on a inventé une machine au moyen de laquelle on fend les ardoises avec rapidité.
David d'Angers a gravé ces mots au bas de la statue d'Ambroise Paré qu'il a sculptée.
II. L'Anjou est plus fertile encore que le Maine; les vents tièdes de l'Océan rendent le climat assez doux, mais humide. On y trouve en pleine terre, dans des pépinières abritées, des grenadiers et des magnolias. La campagne produit de bons vins, surtout ceux de Saumur. Angers a une importante école d'arts et métiers, et ses environs renferment de nombreuses carrières d'ardoises. A Saumur se trouve une grande école de cavalerie où l'on instruit les officiers et les soldats.
C'est à Angers que naquit, en 1789, un des plus grands sculpteurs de notre siècle, David, dont nous avons déjà prononcé souvent le nom à propos des statues qu'il a sculptées. Il avait pour père un simple ouvrier très pauvre, qui sculptait des objets en bois, tables, fauteuils, coffres, chaires d'église. Le jeune David, quand il n'était encore qu'écolier, se fit tellement distinguer par son travail intelligent, que sa ville natale lui servit une petite pension pour lui permettre d'aller étudier à Paris. Il partit, n'ayant que quinze francs dans sa poche.