—Dieu t'entende, Julien! fit le vieillard en serrant l'enfant dans ses bras.

CI.—Le noyé et les secours donnés par Guillaume.

Que d'hommes ont été rappelés à la vie par des secours intelligents et persévérants!

Après ce moment d'effusion, Guillaume fit un effort, et chassant ses pensées tristes:

—Ces enfants-là doivent être épuisés, dit-il. Puisque nous n'avons plus rien à faire qu'à nous laisser ballotter au hasard, il faut réparer nos forces en prenant de la nourriture.

On atteignit alors quelques provisions qu'on avait emportées en toute hâte au moment d'embarquer: du biscuit, de la viande sèche et un petit baril d'eau douce. On brisa comme on put le biscuit, et quand chacun eut repris des forces, on se sentit plus de courage et d'espoir.

La barque flottait au hasard, jouet des flots; tous les yeux étaient fixés sur l'horizon.

Julien, qui regardait comme les autres la mer avec attention, s'approcha de l'oncle Frantz:

—Mais voyez donc, dit-il; il y a quelque chose qui flotte là-bas sur l'eau: qu'est-ce que ce peut être?

—Quelque épave de la tempête, sans doute, dit l'oncle Frantz. Peut-être quelque débris du navire.