Le courage rend égaux les riches et les pauvres, les grands et les petits, dans la défense de la patrie.
Julien, tournant la page de son livre, continua sa lecture:
L'Artois et la Picardie sont, comme la Flandre, des pays de plaines très fertiles qui produisent en abondance le blé, le colza et le lin. Ces trois provinces industrieuses, placées en face de l'Angleterre, font aussi un grand commerce maritime. Par les ports de Boulogne et de Calais passent chaque année, par centaines de mille, les personnes qui se rendent d'Angleterre en France ou de France en Angleterre.
Il y a cinq cents ans, le roi d'Angleterre, Édouard III, avait envahi la France et assiégé Calais. Les habitants, pendant une année entière, soutinrent vaillamment le siège; mais les vivres vinrent à manquer, la famine était affreuse, il fallut se rendre.
Le brave gouverneur de la ville, Jean de Vienne, fit dire au roi d'Angleterre que Calais se rendait et que tous ses habitants demandaient à quitter la ville.
Eustache de Saint-Pierre et les bourgeois de Calais.—C'est en 1347 que le roi d'Angleterre réduisit à merci la ville de Calais. Cette ville ne fut enlevée aux Anglais qu'en 1558 par le duc de Guise. Calais a aujourd'hui 12,000 habitants; c'est une place forte de première classe.
Le roi répondit qu'il ne les laisserait pas sortir, mais ferait tuer les plus pauvres et accorderait la vie aux riches au prix d'une forte rançon.
Voici la belle réponse que lui fit alors Jean de Vienne.
—Seigneur roi, nous avons tous combattu aussi loyalement les uns que les autres, nous avons tous subi ensemble bien des misères, mais nous en subirons de plus grandes encore plutôt que de souffrir que le plus petit de la ville soit traité autrement que le plus grand d'entre nous.