—Oh! dit Julien, quel bonheur! Aller en voiture et voir des bêtes, que me voilà content!

CXVI.—Une visite au Jardin des Plantes.—Les grands carnassiers.—Les singes.

Visiter un jardin d'histoire naturelle, c'est comme si on faisait un voyage à travers toutes les parties du monde et tous les règnes de la nature.

Les trois visiteurs montèrent sur le haut d'un omnibus, et la lourde voiture partit au trot, les emportant tout le long des quais animés qui bordent la Seine. Julien et André ouvraient leurs yeux tout grands pour tout voir.

Après une demi-heure, l'omnibus s'arrêta devant la grille d'un vaste parc, et nos trois amis entrèrent sous les arbres qui entrecroisent leurs branches au-dessus des allées.

Là, bien des gens allaient et venaient, mais c'était surtout vers la droite qu'on voyait une grande foule et ce fut par là que l'oncle Frantz mena Julien.

Les loges des bêtes féroces au Jardin des Plantes de Paris.—Les bêtes féroces réunies dans la ménagerie du Jardin des Plantes appartiennent à l'ordre des carnivores, animaux dont les dents sont propres à broyer la chair. Les principales familles de l'ordre des carnivores ou carnassiers sont la famille des ours, des chats (depuis le chat domestique jusqu'au tigre et au lion), des chiens (depuis le chien domestique jusqu'au loup et au renard) et des hyènes.

Ils arrivèrent devant des espèces de grandes cages grillées, derrière lesquelles on voyait s'agiter des bêtes féroces. Dans la plus grande, c'était un lion d'Afrique à la crinière brune qui tournait avec impatience autour de sa cage et bâillait en face de la foule. A côté de lui, dans d'autres cages, d'autres lions, les uns dormant, les autres couchés sur le dos: l'un d'eux, le plus jeune, était en train de s'amuser avec une grosse boule de bois qu'on laisse toujours dans la cage des lions; il la roulait comme un jeune chat fait d'une pelote de fil; il la lançait, puis bondissait après et la rattrapait. Et tout le monde de rire, y compris Julien.

—Si on ne dirait pas un gros chat! s'écria-t-il.