Aussi, dès l'âge de vingt-cinq ans, grâce à ses savants travaux, il fut élu membre de l'Académie des sciences.

On doit à Lavoisier de nombreuses découvertes: c'est lui qui a su trouver le premier de quels gaz l'air que nous respirons se compose, de quels éléments est formée l'eau que nous buvons; c'est lui qui a expliqué comment la respiration nous fait vivre et entretient la chaleur de notre corps. Lavoisier est le créateur de la chimie moderne.

En même temps qu'il se livrait à tous ces travaux par amour de la vérité et de la science, il entreprit, dans un but d'humanité, une foule d'autres études. Il fit des expériences malsaines et dangereuses sur les gaz qui s'échappent des fosses d'aisance, et qui si souvent causent la mort des travailleurs. Il raconte lui-même ces expériences avec une noble simplicité et expose toutes les précautions que les travailleurs doivent prendre pour éviter les accidents.

Malheureusement, une mort prématurée vint arrêter le grand Lavoisier au milieu de ses travaux. C'était l'époque sanglante de 1794, où la France, attaquée de tous côtés, au dehors et au dedans, ne savait plus distinguer ses amis et ses ennemis. Lavoisier, qui avait occupé un poste dans les finances, fut accusé avec beaucoup d'autres. Lui-même, sûr de son innocence, au lieu de s'enfuir, vint noblement se constituer prisonnier. Mais, enveloppé dans une condamnation qui frappait à la fois des coupables et des innocents, il mourut sur l'échafaud.

La veille de sa mort, les savants qui avaient travaillé avec lui et qui admiraient son génie étaient venus le voir dans son cachot: ils lui avaient apporté une couronne, symbole de la gloire qui lui était réservée dans l'avenir.

CXX.—La ferme du père Guillaume dans l'Orléanais.—Les ruines de la guerre.

Les maux de la guerre ne finissent point avec elle; que de ruines elle laisse à sa suite quand elle a passé quelque part!

Quelques heures après être partis de Paris, et après avoir traversé Chartres, célèbre par sa belle cathédrale gothique, nos voyageurs descendaient du chemin de fer. Ils laissèrent dans la petite gare leurs caisses de voyage; puis, munis seulement d'un paquet léger et d'un bâton, ils suivirent à pied la route qui menait à la ferme de la Grand'Lande, située dans la partie la plus montueuse de l'Orléanais.

Ils marchèrent assez longtemps le long d'une jolie chaîne de collines au pied desquelles serpentait la rivière. Ils suivaient un sentier étroit, déjà ombragé par les feuilles naissantes des arbres; au-dessus d'eux les oiseaux chantaient dans les branches, fêtant le prochain retour du printemps. Julien, plus gai encore que les pinsons qui gazouillaient autour de lui, sautait de joie en marchant:—Oh! disait-il, quel bonheur! Nous allons donc être tous réunis, et puis nous allons vivre aux champs!...

André partageait en lui-même la joie de Julien; l'oncle Frantz se sentait aussi tout heureux à la pensée de revoir son vieil ami le pilote Guillaume et de s'installer auprès de lui avec ses deux enfants d'adoption.