—Justement, dit le Jurassien, il ne fera pas autre chose. Vous qui êtes grand et fort, vous m'aiderez à charger ma voiture, à soigner le cheval et à vendre.
—Volontiers, dit André; mais si vous pouviez ajouter quelque chose, ne fût-ce que cinq francs, nous serions bien aises.
—Pas un centime, dit l'homme, c'est à prendre ou à laisser.
Julien sourit gentiment:—Oh! fit-il, vous me donnerez bien un parapluie, n'est-ce pas? si je vous contente bien: cela fait que nous pourrons voyager après cela même par la pluie.
Le marchand ne put s'empêcher de rire à cette demande de l'enfant.—Allons, dit-il, mon petit homme, tu auras ton parapluie si les affaires marchent bien.
XXXIV.—Le cheval.—Qualités d'un bon cheval.—Soins à donner aux chevaux.
Un bon animal ne coûte pas plus à nourrir qu'un mauvais et rapporte beaucoup plus.
Le lendemain de bon matin M. Gertal (c'était le nom du Jurassien) éveilla les deux enfants. André mit ses habits de travail.—Venez avec moi, dit M. Gertal, je vais vous montrer à soigner mon cheval Pierrot; je tiens à ce qu'il soit bien soigné, car il me coûte cher et me rend de grands services, et puis c'est pour moi un compagnon fidèle.
André descendit à l'écurie avec son nouveau patron, et Julien, qui aimait les animaux, ne manqua pas de le suivre.
Pierrot était un bel et bon animal; sa robe bai brun, signe de vivacité et de courage, son œil grand, sa tête assez petite et ses reins solides indiquaient que M. Gertal l'avait choisi en connaisseur. Pierrot n'avait jamais été maltraité; aussi était-il doux et Julien lui-même pouvait en approcher sans danger.