Le cheval fut étrillé et brossé avec soin.
Le cheval de trait.—La France est le pays qui possède les races de chevaux les plus belles et les plus variées. La meilleure race pour traîner les lourds chariots est la race boulonnaise; la meilleure pour traîner plus rapidement des fardeaux moins lourds est la race percheronne; mais la plus élégante et la plus rapide à la course est la race normande (Calvados).
—Voyez-vous, mes enfants, disait M. Gertal, la propreté est pour les animaux ce qu'elle est pour l'homme, le meilleur moyen d'entretenir la santé.—Tout en parlant ainsi, M. Gertal dirigeait l'étrille et la brosse avec courage, et on voyait à chaque coup de l'étrille la poussière tomber abondante par terre, tandis que le poil devenait plus luisant.
—Vraiment, dit le petit Julien, Pierrot comprend sans doute que c'est pour son bien, car il a l'air trop content.
—Oui certes, cela le soulage, et il le sent bien. Vois-tu, Julien, la peau des animaux, comme celle de l'homme, est percée d'une multitude de petits trous appelés pores, par lesquels s'échappe la sueur, et la sueur sert à purifier le sang. Quand la poussière et la malpropreté bouchent ces milliers de petits trous, le sang se vicie et la santé s'altère chez les animaux comme chez l'homme. Il y a un vieux proverbe qui dit: «Le jeu de l'étrille équivaut à un picotin d'avoine; la main engraisse autant que la nourriture.»
La toilette de Pierrot finie, on le conduisit à l'abreuvoir.
—André, dit M. Gertal, tu le ramèneras au pas et non en le faisant trotter comme font tant de garçons étourdis. Un cheval qui revient de l'abreuvoir doit toujours être ramené tranquillement, pour bien digérer l'eau qu'il a bue.
Lorsque Pierrot revint de l'abreuvoir, on lui donna sa ration d'avoine.
—Tiens! dit Julien, on a fait boire Pierrot avant de lui donner à manger.