— Rentrons dans le parc, maintenant, Kerjean.

— Quand partez-vous?

— Après-demain soir… Marraine a changé… Elle change souvent pour les départs.

La voix de la jeune fille était triste, soudain.

— Kerjean vous l'avez vue, hier… dans cette horrible salle de jeu?

Il eut un signe affirmatif.

Après avoir été l'esclave meurtrie et résignée d'un mari qui l'avait épousée pour sa fortune, elle avait été l'esclave heureuse d'un fils affectueux et loyal mais qui ne l'avait pas toujours comprise. La mort de ce fils l'avait livrée ensuite à un penchant violent, bientôt un vice.

Au milieu de cette vie étrange, Phyllis Boisjoli, fille adoptée de sa tendresse avide, n'avait jamais déçu son coeur. Et Phyllis eût pu faire de ce coeur, comme de cette vie, comme de cette fortune, ce que bon lui eût semblé. Mais, inconsciente du doux pouvoir qu'elle exerçait sans y songer, la filleule adorait et respectait les moindres désirs de sa marraine.

…Après le déjeuner dans l'appartement que Mme Davrançay occupait à l'hôtel Excelsior, Mlle Ribes se retira, puis Phyllis, et la vieille dame demeura seule avec Kerjean.

Ses yeux ravis avaient suivi la petite Phyl jusqu'à ce que la porte se fût refermée.