—Ma pauvre Janik... vous êtes si pâle!... Est-ce que vous souffrez?
—Mais non... répliqua-t-elle, tentant de sourire...
—Janik, si vous aviez quelque chagrin, vous me le diriez, n’est-ce pas?
Le ton de Pierre était très amical, il avait en observant mademoiselle de Thiaz de bons yeux de chien fidèle. Elle s’attendrit:
—Oui, Pierre, je vous le dirais... mais je suis très contente, je n’ai rien...
Elle se faisait horreur, car enfin, de cœur et de pensée, elle avait trahi Pierre. Mais avait-elle le droit de répondre à ce pauvre garçon qui lui témoignait une si indulgente tendresse: «Je ne vous aime pas, je n’aurai jamais le courage d’être à vous...»
Ah! ne savoir à qui demander conseil, ne pouvoir confier ce qu’elle éprouvait, ce qui lui torturait l’esprit, ni à mademoiselle Armelle, qui était incapable de la comprendre, ni au docteur, qui était l’oncle de Pierre...
Pourquoi ne devinait-il pas ce que Janik faisait tout au monde pour lui cacher, le docteur?
M. Le Jariel devinait bien le secret de Janik, insensiblement il avait pénétré les douleurs et les luttes qui minaient sourdement sa petite amie, mais il ne savait pas à quel parti s’arrêter.
Un après-midi, Pierre, qui avait déjeuné au château, entra de meilleure heure que de coutume dans le cabinet de son oncle.