Son atterrissage dans la baie de Quiron fut une véritable découverte.

Malgré toutes les protestations de Taillevent, laissé à la garde du frêle navire, Léon s'aventure seul dans l'intérieur; il se rend à Lima, déguisé en mineur métis, y voit Isabelle, ne peut parler à son noble père, et se met aussitôt à la recherche d'Andrès, qu'il trouve en butte aux premières persécutions du successeur du marquis de Garba y Palos.

L'anse de Quiron est, dès lors, le lieu de rendez-vous assigné au cacique de Tinta.

Non sans avoir affronté des périls de tous genres, Léon rejoint sa goëlette et vole à Nouka-Hiva, où son trois-mâts doit l'attendre. Une nouvelle fâcheuse, apportée par un léger bâtiment que monte Parawâ, l'empêche de prendre la route du cap Horn.

—Les Anglais, fondent une ville à la Nouvelle-Hollande.

Devant un tel événement, ce serait une faute que d'aller en Europe sans avoir conféré avec tous les principaux chefs, ou au moins sans leur avoir fait distribuer des franges d'or, avec l'ordre de résister à tous les envahissements des Anglais jusqu'au retour de Léo l'Atoua.

Et c'est pourquoi, au lieu de courir directement à la recherche d'Isabelle, Léon parcourt encore toutes les îles polynésiennes.

En 1791, il mouille à Botany-Bay, il voit de ses propres yeux la ville naissante de Sidney; puis, le deuil dans l'âme, il s'éloigne de Port-Jackson en se promettant de proposer au roi la fondation d'une colonie rivale.

Au milieu de 1792, il arrive en France, où son trois-mâts délabré doit aussitôt être livré au fer des démolisseurs.

L'équipage licencié se disperse.