La renommée de Sans-Peur grandit en peu de jours, grâce à un combat heureux suivi de la destruction d'un convoi et de quelques captures importantes conduites au Havre pour y être vendues par les soins du citoyen Plantier.
Le Lion, qui escortait ses prises, est attaqué non loin du Havre par une corvette de guerre.
Un combat inégal s'engage; tous les gens du pays accourent, on voit avec enthousiasme l'héroïque résistance du petit brig français, qui coule enfin, entraînant avec lui la corvette accrochée par ses grappins d'abordage.
Moins d'une heure après, une chaloupe triomphante, criblée de trous et dont il faut étancher l'eau avec les seilles, les chapeaux, les gamelles, ramène l'équipage vainqueur.
Sans-Peur le Corsaire est salué par les acclamations de toute la population maritime. On l'escorte jusqu'à la demeure du citoyen Plantier, son armateur.
Chemin faisant, on apprend le coup de main de Jersey, ainsi que le combat suivant.
Le surnom de Sans-Peur devient populaire. Qu'importe le vrai nom de celui qui l'a conquis si vaillamment? Personne, parmi les plus ardents clubistes, n'osa reprocher sa qualité d'aristocrate au brave Léon de Roqueforte, qui vengeait à sa manière, sur les Anglais, la mort du roi Louis XVI.
L'esquisse des courses de Sans-Peur dans la Manche, en vue des rivages britanniques, a été tracée; et l'on sait mieux encore comment, ayant assis sa réputation dans les mers d'Europe, il put, sans compromettre l'avenir, songer enfin à son mariage et à ses grands projets d'outre-mer.
Isabelle est enlevée du château de Garba.
Le cacique Andrès l'a revue.