—Bon! maître!... assez causé! Malgré ça, je vois bien que vous blaguez à la coche.
—Ça se pourrait encore, dit gravement le maître d'équipage.
XXVII
A LA POUDRE.
L'histoire signale, sans entrer dans aucun détail précis, quelques insurrections partielles qui eurent lieu au Pérou entre 1794 et 1802. La cause de ces mouvements de peu de durée est totalement inconnue. On les attribue plutôt à des bandits qu'aux habitants indigènes, qui n'acquittèrent jamais les impôts avec plus de régularité.
Les alliés du Lion de la mer se conformaient aux ordres de leur reine Isabelle.
Ils ne négligèrent rien pour mettre en défaut la vigilance des Espagnols. Ils avaient l'air soumis, payaient exactement les redevances, ne murmuraient point, et ne prenaient les armes que pour empêcher de découvrir les travaux exécutés dans les mines par les prisonniers de Sans-Peur.
Malheur aux troupes de la couronne qui s'aventuraient vers les points dont la connaissance devait demeurer secrète! Pas un soldat ne revenait d'une expédition semblable; mort ou vif, il disparaissait dans les entrailles de la terre.
Les Péruviens, poussant la ruse jusqu'aux dernières limites, avaient soin de changer plusieurs fois par an les ouvertures des mines, afin que les Espagnols pussent visiter sans obstacles, à peu de mois de distance, les lieux mêmes dont les abords venaient d'être le plus cruellement interdits. Des galeries souterraines, toujours creusées dans la direction de l'Océan, s'étendirent sous les montagnes à des distances incroyables. Souvent Andrès et Isabelle furent revus par leurs fidèles sujets, qui, profitant des travaux tous les premiers, avaient un puissant intérêt à suivre les instructions de leurs princes.