—Ni mon capitaine non plus; soyez calme malgré ça; je réponds de la chose.—Enlevé! A demain la noce!
Le jour même du mariage de Taillevent eut lieu le baptème de Gabriel-José-Clodion-Tupac-Amaru de Roqueforte, intrépide enfant dont l'éducation se fit tour à tour à la mer, dans les gorges des Cordillères et dans les îles du grand océan Pacifique, où Léo l'Atoua fut successivement revu par tous les peuples.
La Santa-Cruz et le Lion se rejoignirent. De beaux combats furent livrés aux Anglais dans plusieurs archipels et jusque sous les murs de Sydney.
Parawâ s'y fit remarquer par sa vaillance à toute épreuve. Trop heureux de combattre sous le Lion de la mer, il s'était hâté de passer à bord de la frégate, dès qu'elle mouilla dans la baie des Iles.
Un jour vint où, confiant à Paul Déravis le commandement de la Santa-Cruz et la conduite d'un important convoi chargé de richesses, Léon remonta son brig refondu à neuf à l'île Taïti.
Le convoi fit route pour le Havre. Sans-Peur expédiait des captures opulentes au citoyen Plantier, son armateur; il se débarassait d'une foule de marins fatigués d'être hors de France depuis fort longtemps. Il ne voulait sous ses ordres que des gens de bonne volonté. D'ailleurs, il avait eu l'occasion de parfaire en Océanie plusieurs nombreux équipages, et se trouvait désormais dans une position excellente.
Le Lion en se dirigeant sur la baie de Quiron, captura sans coup férir le Duff, chargé de missionnaires méthodistes, parmi lesquels se trouvait le misérable Pottle Trichenpot, qui fut accueilli par les risées de tous les anciens de l'équipage.
—Si j'étais le capitaine, dit Taillevent à la vue du valet devenu missionnaire, je vous ferais pendre ce mauvais coquin-là pour ne plus le rencontrer.
—Ça nous ferait un mineur de moins, objecta Liména.