Taillevent et Parawâ s'étaient postés près d'une fenêtre ouverte; ils disposaient, pour échanger leurs pensées, de l'harmonieux dialecte néo-zélandais.

Sur la place Majeure, au delà des équipages, allaient et venaient parmi la foule des hommes drapés dans le poncho péruvien.

—Ils nous voient! dit Taillevent.

—Et nous les voyons! répondit Parawâ.

—Où as-tu mis la longue corde? demanda le maître.

—Sous mon pagne de derrière, répliqua le Néo-Zélandais.

—Ouvrons l'œil!... ouvrons les oreilles!...

—Chien de quart, tout de même! continua Taillevent en monologue. Encore une invention satanée de mon capitaine, que ce bal!... Ah! Camuset, mon matelot, si tu étais ici, tu t'amuserais tout de même. Vous en a-t-il de l'aplomb, de l'idée, et sans gêne... sans gêne, au lieu que moi... Baste! Qu'est-ce que je me dis donc? Quand on a palabré avec le roi Louis XVI dans son cabinet, les coudes sur la table, on peut bien être à son aise chez un vice-roi de colonie...

Taillevent se fourra dans la bouche une énorme chique de tabac.

—Eh! eh! mais... ça se gâte, m'est avis, dit-il bientôt en néo-zélandais. Veillons au grain, Parawâ.