L'équipage du Lion fut sauvé; mais le navire, démantelé par la mer, fut perdu pour Sans-Peur le Corsaire.
Peu de temps après, par compensation, le schoner anglais la Vénus fut pris à l'abordage par les insulaires taïtiens[18].
[18] Historique.
Léon s'opposa aux massacres qu'allait ordonner le ministre Tanta.
—Non, jamais de représailles semblables! s'écria-t-il; n'imitez point vos ennemis, ne déshonorons par notre cause!
Maître Taillevent, comme on pense, grogna selon son droit.
—Si le Trichenpot avait été pendu la première ou seulement la seconde fois, il n'aurait pas eu la chance de nous échapper la troisième!
Le Néo-Zélandais Parawâ ne se permit point de grogner, mais ne tarda pas à trouver fort justes les réflexions de son ami Taillevent, car la frégate anglaise l'Urania, profitant d'une diversion opérée par les partisans de Pomaré II, reprit la Vénus et délivra son équipage.
Laissant au brave Tanta le soin de finir la guerre, Sans-Peur, avec sa Lionne, se met à la recherche de l'Urania; mais la frégate anglaise, ayant fait fausse route pendant la nuit, atterrit, fort heureusement pour elle, à Port-Jackson.