—Il y en a de plus gros! répondit Taillevent.
—Oui, ajouta Camuset, ce 74 a deux batteries couvertes et une barbette; un trois-ponts a une batterie couverte de plus.
—Pi-hé! fit admirativement le Néo-Zélandais.
—Ne bougez pas, tas de marsouins! ou gare à moi! cria Taillevent à quelques hommes qui s'avisaient de se lever.
—La tribu de Touté a de bien grandes pirogues de guerre! dit Parawâ-Touma, qui ne cessait de regarder l'Illustrious.
—La tribu de Léo l'Atoua en a d'aussi grandes et de plus grandes que ce vaisseau-là, mon vieux brave!... reprit Taillevent. Mais le Rangatira-Rahi des Français, l'empereur Napoléon, en a besoin dans les mers d'Europe, voilà notre guignon pour le quart d'heure.
Parawâ-Touma garda le silence. Grand chef de guerre et bon navigateur, il appréciait parfaitement les difficultés de la situation. Toutefois, il ne désespérait de rien, tant était robuste sa foi en Léo l'Atoua, le Lion de la mer, qui ne meurt point.
—J'irai dans cette Europe qu'habitent les tribus ennemies de Marion et de Touté... J'y verrai ces villes immenses, cent fois plus grandes que Cuzco et Lima, d'après maître Taillevent.—Je connais le Lion de la mer; je veux connaître aussi le Lion de la terre, dont tous les peuples du monde répètent le nom terrible.
Ainsi méditait Parawâ-Touma, les yeux fixés sur l'Illustrious, qui se rapprochait non sans peines; mais le commodore Wilson, fort bon marin au demeurant, ne négligeait rien, de son côté, pour diminuer la distance.
Maître Taillevent méditait.