Gabriel, qui avait pris le commandement général des balses, frémit, s'agenouilla et pria Dieu pour le salut de son noble père.
Liméno pleurait.
Camuset Barberousse, qui commençait à devenir grognard, jura consécutivement en anglais, en français, en espagnol, en langue quichua et en langue polynésienne. Son cœur battait avec violence. Il voyait la frégate plonger en attirant le vaisseau dont on découvrait le pont sanglant et dans un état de désordre indescriptible.
La bataille entre les hommes était terminée.
La lutte entre les deux navires commençait en quelque sorte,—car ce n'était plus deux navires animés par leurs équipages, mais deux masses inertes et matérielles qui se combattaient maintenant.
XLIX
LA CORDE AU COU.
Le vaisseau plein d'air opposait la résistance de sa vaste capacité. La frégate cramponnée à lui l'attaquait par la pesanteur de son artillerie et de tous les corps lourds arrimés dans sa coque pleine d'eau.
Ces deux forces se firent équilibre durant une minute entière, minute longue comme un siècle, pendant laquelle faillit recommencer le combat.