La toilette de la mariée ne dura qu'un instant. Vingt couronnes de fleurs d'oranger lui étaient offertes; elle n'eut que l'embarras du choix.
Au moment où la bénédiction nuptiale fut donnée aux époux, sous le poêle tenu d'un côté par don Ramon et de l'autre par maître Taillevent, le fidèle matelot du capitaine, l'un des officiers du brig fit un signal.
Une double bordée ébranla les échos de la petite baie de Garba.
Au sortir de la chapelle, le repas de noces fut servi. Don Ramon en fit très convenablement les honneurs à son beau-frère, aux officiers et au maître d'équipage du brig français, ainsi qu'au notaire et au prêtre.
Ensuite, l'attente des riverains fut largement comblée; Taillevent défonça deux barils de piastres d'Espagne provenant de la prise faite le matin. Le Galicien, pour sa part, reçut le double de la récompense promise.
Mais après le dessert, tandis que, du haut du perron, Sans Peur le Corsaire et sa jeune femme présidaient à ces libéralités, un homme couvert de poussière s'approcha de don Ramon et lui remit avec mystère une dépêche du gouverneur de la Corogne.
Don Ramon se retira pour la lire secrètement.
La brise du sud soufflait encore avec violence, mais les bois de chêne vert et les murailles du château garantissaient de la froidure l'esplanade où dardaient les rayons obliques du soleil.
Dans un ciel sans nuages, le disque enflammé descendait perpendiculairement au-dessus de l'extrémité de la falaise.
Un bohémien, qui s'accompagnait sur la mandoline, improvisait ainsi: