Pendant le quart du jour qui finit à huit heures du matin, la Belle Républicaine, secourue par les équipages du Basque libre, des Basses-Pyrénées et de l'Égalité, parvient à éteindre son incendie.

Le Lion, l'Adour et le Sans-Souci mettent la Dignity dans l'absolue nécessité de s'échouer sur le cap de la Higuera.

Un signal de ralliement général réunit toute la flottille française dans les eaux des Basses-Pyrénées et de la Belle Républicaine, qui se regréent durant un déjeuner patriotique dont Isabelle fait encore les honneurs à tous les capitaines et principaux officiers.

Le journal de route parle des honneurs funèbres rendus aux braves tués en combattant, et ajoute:

«Adieux fraternels.—A onze heures, les corsaires de Bayonne et les deux brigs amarinés font route de leur bord en nous saluant de vingt et un coups de canon.—Rendu le salut coup pour coup. Lavé le pont. Service ordinaire de propreté.—A midi, dîner de l'équipage.

«L'officier de quart, Bédarieux.»

Le Lion gouvernait de manière à s'élever au vent, pour doubler dès le surlendemain les pointes occidentales de l'Espagne.

Isabelle s'étant tenue sur la dunette, à côté de son valeureux époux, tant que dura la bataille, son sang-froid fit l'admiration de tous les gens du bord.

Les capitaines, ses convives, lui décernèrent à l'envi le titre de Lionne de la mer. Elle leur répondit en souriant qu'elle s'efforcerait de s'en rendre digne par l'étude de leur beau métier.

Si la table de loch n'enregistra ni ces paroles ni les toasts portés à la vaillante compagne de Sans-Peur, à plus forte raison n'y est-il pas question de Roboam Owen, que le capitaine du Lion remarqua fort bien faisant son service à bord de la Dignity.