[15] Reges non liberi solum impedimentis omnibus, sed domini rerum temporumque, trahunt conciliis cuncta non sequuntur. Tit.-Liv. l. 9.

[16] Concitati homines, veluti ad prœlium se expediunt: apparebatque omne discrimen adesse, nihil cuiquam sanctum, non publici fore, non privati juris. Huic tantæ tempestati cum se consules obtulissent, facile experti sunt parum tutam majestatem sine viribus esse. Violatis lictoribus, fascibus fractis; è foro in curiam compelluntur, incerti quatenus volere exerceret victoriam. Tit.-Liv. l. 2.

[17] Sous le consulat de Genucius et de C. Curtius, l’an de Rome 309, le peuple demanda une loi qui l’autorisât à concourir avec les nobles pour le consulat. On convint par accommodement que les plébéïens pourroient jouir de tous les honneurs de cette magistrature sous le nom de tribuns militaires, et non pas sous celui de consuls.

[18] Machiavel a prouvé dans ses discours politiques sur Tite-Live, que la liberté ne peut subsister long-temps dans une république où il y a des nobles. La noblesse se croit destinée à gouverner. C’est une vermine, dit-il, qui carie insensiblement la liberté.

[19] Ce fut l’an 300 de Rome, c’est-à-dire, 56 ans après l’exil des Tarquins, que les décemvirs publièrent les lois des douze tables. C’est le premier code que les Romains aient eu.

[20] L’opposition d’un tribun à la demande de son collègue, en suspendoit l’activité, et l’empêchoit d’aller plus avant. La noblesse eut quelquefois l’habileté de mettre quelqu’un de ces magistrats populaires dans ses intérêts.

[21] Les décemvirs portèrent cette loi dans leur dernière table, et leur intention avoit été d’établir plus facilement leur tyrannie, en empêchant que les deux ordres de la république ne se rapprochassent l’un de l’autre. Denys d’Halicarnasse dit judicieusement qu’il falloit abolir cette loi tyrannique et injurieuse au peuple pour assurer le repos public. Mais ce repos n’est point ce que désiroient les tribuns; il étoit de leur intérêt de tenir toujours le peuple également animé contre les patriciens. C’étoit donc une imprudence de leur part de proscrire la loi des décemvirs, avant que d’avoir ôté à la noblesse tous ses priviléges. Je remarquerai en passant, que la noblesse n’aperçut point dans cette occasion la faute des magistrats du peuple. Lorsqu’elle auroit dû cacher sa joie et ne se défendre que par politique, et précisément autant qu’il falloit pour faire croire au peuple qu’elle lui accordoit une grâce, son orgueil s’effaroucha. S’il en faut croire les paroles que Tite-Live met dans la bouche du Tribun Canuléius, les patriciens trouvoient étrange que la nature eût donné à la populace les mêmes organes qu’à eux; quod spiratis, quod vocem mittitis, quod formas hominum habetis, indignantur. Cette sotte vanité de la noblesse fut cause qu’un réglement qui lui étoit si avantageux, commença par lui être extrêmement funeste; car le peuple, pour se venger du mépris qu’on lui marquoit, osa aspirer au consulat, et fit porter une loi par laquelle il lui étoit permis de posséder cette magistrature sous le nom de tribunat militaire.

[22] Un certain Volscius accusa Ceson Quintius d’avoir assassiné son frère. Cette calomnie, que les tribuns avoient un grand intérêt de ne point laisser dévoiler, parce qu’elle étoit leur ouvrage, devint une espèce de bouclier pour les patriciens. Dès que les tribuns proposoient une loi nouvelle, les consuls, dit Tite-Live, demandoient la condamnation de Volscius, et chaque partie se tenoit en échec; eodem modo consules legem, tribuni judicium de Volscio impediebant. l. 3. Les patriciens eurent encore la mal-adresse de faire punir Volscius pendant la dictature de Quintius Cincinnatus.

[23] Ce fut l’an de Rome 255, quatre ans avant la retraite du peuple sur le Mont-Sacré, que fut fait le premier dictateur.

[24] Le peuple se retira sur le Mont-Sacré l’an de Rome 259, et parvint au consulat l’an 388.