[88] L’histoire Romaine en offre plusieurs exemples, et l’on voit entr’autres que Marius, pour occuper son armée, détourna une rivière, et lui fit creuser un nouveau lit. Je place ici un passage remarquable des Tusculanes de Cicéron; il est très-propre à donner une idée juste des légions, et à faire connoître toute l’utilité des exercices militaires. Nostri exercitus primum unde nomen habeant, vides, deinde qui labor, quantus agminis: ferre plus dimidiatis mensis cibaria. Ferre si quid ad usum velint: ferre vallum. Nam scutum, gladium, galeam, in onere nostri milites non plus numerant, quam humeros, lacertos, manus; arma enim membra militis esse dicunt. Quæ quidem ita geruntur apte, ut, si usus foret, abjectis oneribus, expeditis armis, ut membris pugnare possint. Quid exercitatio legionum? Quid ille cursus, concursus; clamor, quanti laboris est! Ex hoc ille animus in prœliis paratus ad vulnera, adhuc pari animo inexercitatum militem, mulier videtur. Cur? Tantum interest inter novum et veterem exercitum, quantum experti sumus. Ætas tironum plerumque melior: sed ferre laborem, contemnere vulnus, consuetudo docet. Quin etiam videmus ex acie afferri sæpe saucios, et quidem rudem illum, et inexercitatum, quamvis levi ictu, ploratus turpissimos edere. At vero ille exercitatus et vétus, ob eamque rem fortior, Medicum modo requirens à quo obligatur. Voyez sur le même sujet ce que dit Polybe, l. 6, ch. 4, 5, 6 et 7. Voyez aussi Vegèce, l. 2, ch.
[89] La république fournissoit des armes aux soldats. Leur bouclier étoit haut de quatre pieds. Leur casque et leur cuirasse étoient à l’épreuve de l’épée, du javelot et de la pique. Un soldat Romain se seroit déshonoré, qui, sous prétexte de bravoure, eût combattu sans quelqu’une de ses armes défensives.
[90] Ce serment se prêtoit avant que les légions sortissent de Rome. Quand elles étoient venues à leur premier rendez-vous, le soldat faisoit un second serment entre les mains des tribuns, par lequel il promettoit de ne rien dérober, de ne rien s’approprier du butin pris sur les ennemis, et de porter aux tribuns tout ce qu’il trouveroit.
[91] Le consul avoit seul droit de punir de mort. Les tribuns condamnoient à la bastonnade, et ils prononçoient leur jugement, en touchant d’un bâton le coupable. Alors tous les soldats le frappoient, et souvent il en mouroit. On subissoit ce châtiment, non-seulement, comme je l’ai dit, pour avoir manqué à une fonction militaire, mais pour s’être attribué la gloire d’une action dont un autre étoit auteur, pour avoir abandonné ou perdu ses armes, ou fait quelque larcin.
[92] Piscatores, aucupes, dulciarios, linteones, omnesque qui aliquid tractasse videbuntur ad Gynecea pertinens, longe arbitror pellendos à castris, fabros ferrarios, carpentarios, macellarios, et cervorum aprorumque venatores convenit sociare militiæ. (Veg. l. 1, ch. 7.)
Auro repensus scilicet acrior
Miles redibit? Flagitio additi
Damnum: neque amissos colores
Lana refert medicata fuco;