[145] Attila partagea d’abord la couronne avec son frère Bleda; il se défit de ce prince en 444 pour régner seul.

[146] Votre maître et le mien, disoient les ambassadeurs d’Attila, en parlant aux empereurs. Théodose II, s’engagea à payer à Attila un tribut de mille livres d’or par an.

[147] Jornandès met au nombre de ces alliés plusieurs tribus de Francs et de Sarmates: les Armoritains, les Litiens, les Bourguignons, les Saxons, les Riparioles, les Ibrions, les Celtes, les Allemands.

[148] On compte 503 ans de l’époque où Octave fut reconnu Auguste, jusqu’au temps qu’Augustule perdit l’empire... Cet événement arriva l’an de J. C. 476.

[149] La monarchie des Erules ne subsista que quatorze ans. Théodoric fonda la monarchie des Goths en Italie. Ces Goths avoient recouvré leur indépendance à la mort d’Attila.

[150] C’est avec ces couleurs que Procope peint Justinien dans son histoire secrète, tandis qu’il lui donne ailleurs de grands éloges. Le président de Montesquieu, dans ses considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence des Romains, chap. 20, se déclare en faveur de l’histoire secrète de Procope, que quelques écrivains ne regardent que comme un recueil de calomnies. Après avoir lu les réflexions de ce critique, dont le génie éclaire et guide toujours l’érudition, on ne peut s’empêcher de croire avec lui que la législation de Justinien ne fût un vrai brigandage, et que pour de l’argent, il ne vendît des lois à tous ceux qui en avoient besoin.

[151] Grégoire de Tours nous peint les Goths comme des lâches. Ut Gotthorum pavor mos est... Cum secundum consuetudinem Gotthi terga vertissent. Ils n’étoient point tels quand ils s’établirent dans les provinces de l’empire.

[152] Procope dit que Genseric enleva aux principaux citoyens d’Afrique leurs terres et leurs esclaves, que les biens des Vandales furent exempts de toute charge, et qu’il exigea, au contraire, des contributions si fortes des naturels du pays, que ces malheureux, en travaillant beaucoup, pouvoient à peine les acquitter. Les Ostrogoths s’étoient emparés en Italie d’un tiers des terres. Dans les Gaules, les Visigoths prirent deux tiers des terres, et les Bourguignons la moitié, avec un tiers des esclaves.

[153] Les Barbares, en s’établissant sur les terres de l’empire, détruisoient la forme de gouvernement établie par les empereurs. Elle étoit trop compliquée pour des hommes qui n’avoient presque point encore d’idées de politique. Il n’y a au monde que l’abbé du Bos qui ait pu se persuader que Clovis, en s’emparant des Gaules, ne fit que se mettre au lieu et place des empereurs, sans rien changer à la forme du gouvernement, et que les Gaulois conservèrent leurs sénats, leurs officiers, leur administration; que les cités eurent le droit de se faire la guerre, qu’on y leva toujours les mêmes impositions que sous les empereurs, etc.; mais ne n’est pas ici le lieu de réfuter cet auteur.

[154] Par les lois des Visigoths, il leur étoit défendu de contracter des alliances par le mariage avec les Romains. On peut se rappeler comment les Français traitèrent les peuples des Gaules. Si quis ingenus Francum aut hominem Barbarum occiderit qui lege Salica vivit, sol. 200, culpabilis judicetur. Si Romanus homo possessor, id est qui res in pago ubi commanet proprias possidet, occisus fuerit, is qui eum occidisse convincitur, sol. 30 culpabilis judicetur. Si autem Francus Romanum ligaverit sine causa, sol. 15. culpabilis judicetur. (Leg. Sal. Tit. 34.) Si quis Ripuarius advenam Francum interfecerit, sol. 200. culpabilis judicetur. Si advenam Burgundionem, 160. sol. advenam Romanum, 100. sol. advenam Alamanum, seu Fresionem, vel Bajuvarium, aut Saxonem, 160 sol. culpabilis judicetur. (Leg. Rip. Tit. 36.)