Ata Rachmed tend le bras dans cette direction.

« Chak-Adam », dit-il.

Tel est le nom des puits près desquels a été construit Krasnovodsk. Encore quelques heures de marche, et nous serons arrivés à la Caspienne.

Les mains tendues vers les herbes qui flambent, nous pensons au chemin parcouru, aux fatigues subies, au froid, au chaud, et je dis à Capus qui hume sa tasse de thé :

« C’est fini. Vous ne voyez pas d’inconvénient à recommencer ?

— Aucun.

— Eh bien, nous recommencerons, si la chose est possible. »

Ne faut-il pas voir énormément de choses avant d’en comprendre quelques-unes ?


Environ trois ou quatre heures après cette dernière halte, nous nous installons à Krasnovodsk. Huit jours après, notre chamelier s’en va chez des Turkomans habitant les environs, attendre la fin de la tempête terrible qui vient de rompre le câble reliant Krasnovodsk au Caucase, tempête qui va nous « attacher au rivage » jusqu’à la fin de décembre. Puis un lourd bateau porteur nous ballotte par une mer en furie jusqu’à Bakou, la ville du naphte, où nous débarquons la veille du jour de l’an.