— Restez, messieurs, dit Ochoa surpris de l’air solennel du guerrier hiaqui, et voyons quelles sont ces paroles.
U’Sacame reprit :
— Que m’a dit ce matin le capitaine yori ? qu’il répondait de ses hommes ?
— Oui, dit Ochoa de plus en plus surpris.
— Qu’il tuerait un traître, s’il s’en trouvait parmi eux ?
— Je l’ai dit.
U’Sacame fit deux pas en avant, puis, étendant brusquement le bras vers Casillas, il s’écria d’une voix terrible :
— Ce jeune homme doit mourir !
Il n’avait pas achevé, que son poignard plongeait jusqu’au manche dans la gorge du jeune homme, qui tomba en poussant un soupir. Certes, la main de presque tous les spectateurs de cette scène avait été rougie de sang humain, et un assassinat avait été pour beaucoup d’entre eux un événement assez insignifiant ; malgré cela, toutes les physionomies exprimèrent une horreur profonde à l’aspect de ce coup inattendu, et plus d’un sabre fut tiré pour venger cette mort imprévue.
— Arrêtez, messieurs ! s’écria Ochoa en s’interposant entre eux. Puis, s’adressant à U’Sacame, qui, après avoir enfoncé son couteau dans la terre pour l’essuyer, le passait froidement dans sa gaîne : — Le chef hiaqui veut-il donc s’arroger le droit de vie et de mort sur mes hommes ? s’écria-t-il d’une voix tremblante d’émotion.